Aprés 58 ans de taxis, Henri Boyer, le plus vieux taxi marseillais céde sa licence de taxiIl a commencé au début des années 50, avec sa première licence à 5 euros, elle est revendue aujourd'hui 100 000 euros. Il a vu le travail de chauffeur de taxi et Marseille changés et évolués au fil des années. A cette époque, il y avait peu de véhicules : "Il n'y avait pas une voiture dans la circulation et on pouvait se garer absolument n'importe où !" et la course coutait un euro. Les clienst aussi ont évolué : "Ils nous demandaient de les laisser avant la destination, pour qu'on ne sache pas qu'ils n'avaient pas de véhicule. Pour eux, c'était la honte..." "De nos jours, s'amuse-t-il, c'est l'inverse. Les clients nous demanderaient presque de monter les étages !"
"J'ai vu arriver la première femme taxi !, lance-t-il, encore étonné. Pour moi, c'était un truc impossible. Je me demandais comment elle pouvait conduire. Partout où elle s'arrêtait, les gens la prenaient en photo !"
Henri regorge d'anecdotes en 58 ans de métier : "Des clients devaient aller manger au restaurant, mais tout était fermé. Le blond m'a alors demandé: 'Votre dame ne pourrait pas nous faire un petit sandwich?' J'ai répondu qu'à cette heure, elle n'apprécierait pas. Il m'a alors lancé, gentiment : 'Je suis Claude François !'. Ça ne me disait rien... Et j'ai ainsi laissé Claude François, Michel Torr et Hervé Villard à leur hôtel..." Dans le genre célébrités, il en verra d'autres. Édith Piaf, plusieurs fois :"Mais jamais avec le même amoureux". Serge Gainsbourg : "Aussi dépenaillé à l'aller qu'au retour. Il m'a confié qu'il avait besoin de boire pour l'inspiration... Mais en terme de pourboire, c'est un des hommes les plus généreux que j'ai rencontré".
C'est aunsi que se termine sa carière, à contre coeur ....





