L'entreprise Taxi terra qui veut briser le monopole du transport adapté par taxi à Laval a annulé sa demande de permis auprès de la Commission des transports. «On n'abandonne pas», dit-on chez Taxi Terra, qui compte revenir à la charge dans les mois qui viennent.
Cette décision motivée par l'espoir de voir la Loi concernant les services de transport par taxi, modifiée par le projet de loi 96, a été présenté à l'Assemblée nationale le 13 juin 2008, explique la porte-parole de Taxi Terra, Caroline Lavoie. Jusqu'à présent, la Commission avait la responsabilité d'accueillir les demandes d'entreprises comme Taxi Terra, si celles-ci démontrent qu'il existe un besoin pour ses services. Cependant seul le gouvernement québécois est habilité à fixer par décret le quota de permis de propriétaire de taxis pour une agglomération. Depuis les années 1970, le nombre de permis est fixé à 213 à Laval. La nouvelle loi transférerait cette responsabilité à la Commission, créant du même coup un guichet unique pour les demandeurs. «Ça va faciliter les choses. On va refaire notre demande avec la nouvelle réglementation », explique Caroline Lavoie, porte-parole de Taxi Terra. La Coopérative des propriétaires de taxi de Laval (CO-OP Taxi Laval), qui fournit la totalité des services de transport adapté aux personnes à mobilité réduite, s'était opposée à cette requête. Mais aussi et sans succès, au désistement de Taxi Terra. «On avait les preuves, les témoins, on avait passé du temps à préparer le dossier», indique Georges Tannous, vice-président de la CO-OP et responsable du dossier du transport adapté.
L'Association lavalloise pour le transport adapté a fait valoir que l'accroissement démographique et le vieillissement de la population ont provoqué une hausse des déplacements par taxi. Dans un tel contexte, «le monopole qui existe actuellement à Laval est une barrière importante pour obtenir une qualité de service répondant aux besoins de la clientèle à mobilité réduite», lit-on dans ce mémoire. En février dernier, l'ALTA créait un comité de crise ou elle dévoilait, il y a peu, les résultats d'une enquête auprès de ses membres qui mettait en lumière des insatisfactions liées au service de transport adapté fourni par CO-OP Taxi Laval. L'Association affirme que des problèmes sont également vécus par les utilisateurs du service de taxi régulier à Laval.
L'ALTA travaille de concert avec Taxi Terra. La jeune entreprise, créée en mai dernier, a besoin d'un permis d'intermédiaire en service de transport par taxi, et également de permis restreints (pour le transport adapté) pour ses futurs chauffeurs. Pour le moment, les permis restreints ne sont délivrés que pour des fourgonnettes adaptées, capables d'accueillir des fauteuils roulants, note Caroline Lavoie. Dans le cadre du projet de loi 96, «on aimerait que le permis restreint soit attribuable à d'autres types de véhicules», dit Mme Lavoie, afin d'offrir le service de transport aux clientèles à mobilité réduite de tout type.





